Bruxelles Ma belle – Petits états d’âme du dimanche

Bruxelles

Article un peu spécial en ce dimanche. Pas de Sunday Music à l’horizon. Simplement quelques mots. Ces mots qui me permettront d’exorciser un peu tout ce qui bouillonne en moi depuis quelques jours/mois.

Je n’avais pas directement réagi aux attentats de Paris en novembre dernier. Pas parce que je n’étais pas touchée, vous vous en doutez, simplement parce que le choc m’empêchait certainement de mettre des mots sur les sentiments qui se propageaient en moi à l’annonce puis, à la vue des horreurs du triste et désormais funeste 13 novembre. Cette fois, j’ai décidé d’arrêter de me taire. Pas parce que ce sont désormais mon pays et ma ville d’adoption depuis un an et demi qui sont touchés, simplement parce que j’en ai marre ! Marre de voir ce monde, notre monde, se déchirer de cette façon, marre de voir ces personnes, que j’ai encore du mal à considérer comme êtres humains, décider du sort de centaines de personnes parce qu’ils n’acceptent pas que nous soyons libres.

Je me suis tue pendant quelques jours, la preuve, je ne vous écris que maintenant, en ce dimanche de Pâques. Pendant ces derniers jours, j’ai eu l’impression de refouler au plus profond de moi ce qui est arrivé. Effectivement, refouler semblait être le seul moyen de faire face. Ces événements sont tellement horribles que je pensais ne jamais en être témoin de mon vivant, si bien que je ne suis tout simplement pas programmée pour savoir comment réagir face à ce genre d’acte. Je ne l’étais déjà pas en novembre, je ne le suis pas davantage maintenant. Et personne sur cette belle terre bleue et verte ne devrait être capable de s’y adapter. Malheureusement, nous ne sommes véritablement touchés pour ce genre de nouvelles que depuis récemment. Nous oublions les autres endroits du monde qui sont contraints de vivre ces horreurs tous les jours et pour qui ça, c’est devenu leur quotidien. La dure loi de la proximité.

Bref, lundi soir je suis restée tranquillement à discuter avec une de mes amies à la sortie des cours, comme à notre habitude, surtout après un week-end. Nous parlions de tout, de rien, des garçons, de ses rencards, de la non-existence des miens, des cours, de la vie. Insouciantes que nous étions. Et nous riions. Beaucoup. Je lui racontais que j’avais le lendemain un rendez-vous avec une bibliothécaire de notre univ pour mettre aux points les sources de mon mémoire. Ce lendemain matin-là, je me réveille avec l’horreur ! Je ne peux toujours pas vous dire dans quel état j’étais quand j’ai découvert l’info en désactivant le mode avion de mon téléphone. Je n’y ai d’abord pas cru… Et puis, il a bien fallu faire face à la réalité.

Depuis ce jour-là, je n’ai pas allumé un seul poste de télévision. Je refuse de laisser la peur m’envahir, même si je sais qu’elle est toujours présente, tapie dans l’ombre. Je refuse de laisser ces images horribles s’immiscer dans mon esprit. Je refuse de me retrouver comme une amie, témoin indirecte des explosions dans la station de métro Maelbeek, à ne plus être capable de mettre un pied dans un transport en commun et à entendre des sirènes dans mon sommeil.

Pour tout vous dire, ce drame m’a tellement touchée que j’étais prête à mettre ce blog, mon blog, mon lieu d’expression depuis des mois, en pause. Aussi un peu parce que je suis débordée par le travail, mais disons que ce dramatique 22 mars aurait été la goutte d’eau qui fait tristement déborder le vase. Et puis, je me suis dit : pourquoi ? Pourquoi, moi, Iris, 22 ans, étudiante à l’Université LIBRE de Bruxelles, devrais-je me taire ? Pourquoi ? Pourquoi devrais-je laisser ces ordures décider de ce que je veux ou non dans la vie. Alors non, je ne me tairai pas. Bien entendu, mes petites chroniques livresques n’ont et n’auront pas beaucoup d’impact en ce bas monde. Là n’est pas la question. La question est véritablement ce qui gêne ces détritus humains. Le fait que nous ayons le droit de décider, de penser, de croire, d’espérer. Alors, moi, Iris, petite belge avec toutes ses dents (ou presque, il me manque mes 4 dents de sagesse), je décide de continuer à parler ! Parce que c’est bien ce qu’ils attendent de nous, que nous nous taisions, que nous nous écrasions, que nous acceptions ces barbaries qu’ils nous infligent. Mais je refuse. Point. Car en Belgique, les mitraillettes, on les mange ! Avec pleins de frites et de la mayonnaise, et une petite fricadelle si on a très très faim !

Sur ces bonnes paroles, je partage avec vous une chanson de Muse. Je sais, j’en ai déjà fait un Sunday Music entièrement dédié. Mais leurs paroles me parlent tellement à l’heure actuelle que je ne peux pas m’en empêcher !

« Love is our resistance
They’ll keep us apart and they won’t stop breaking us down »

« If we live a life in fear
I’ll wait a thousand years
Just to see you smile again »

Je vous souhaite un très bon dimanche de Pâques. Qu’il soit joyeux, festif, rempli de bonheur et de bonnes victuailles (= œufs en chocolat).

Je vous dis à très bientôt et vous confirme donc que je ne suis pas prête de me taire !

A bon entendeur,

Bonne journée !

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Une réflexion sur “Bruxelles Ma belle – Petits états d’âme du dimanche

  1. lilithbliss dit :

    La Terre saigne beaucoup ces derniers temps. Et elle saignait déjà pas mal avant. C’est douloureux, cela fait affreusement mal au cœur de voir l’ampleur des dégâts et de constater également que les choses ne sont pas prêtes de s’améliorer. Il va falloir du temps pour remonter la pente. Mais l’humanité va bien finir par se secouer, se réveiller et mettre un terme à ces atrocités. Il faut garder espoir.
    Tout comme toi, je me demande sans cesse comment ces personnes sont capables de faire ça. Et figure-toi qu’après avoir regardé le film « La Vague » j’ai obtenu quelques réponses. Certes, ce film fait surtout référence à la Seconde Guerre mondiale, mais il montre aussi à quel point les gens sont facilement manipulables. Alors que ces derniers sont persuadés d’avoir retenu la leçon des années précédentes, ils tombent complètement dans le fanatisme et sont certains d’agir justement, pour le bien de tous. D’autres profitent de la situation, bien évidemment, parce qu’il y a des personnes qui aiment être mauvaises. D’autres trouvent dans ce mouvement « La Vague » la famille, les amis qu’ils n’ont jamais eus… Et je pense qu’il y a certains aspects de ce film qui peuvent être rapprochés des terroristes…
    Le monde est triste. Mais il faut s’accrocher pour qu’il retrouve le sourire. Et c’est une bonne chose que tu continues ton blog ! A ton échelle, à ta manière, tu agis 🙂

    J'aime

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